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Maroc et Sahara occidental
01.04.21
Interventions urgentes

Maroc: Libération provisoire de Maâti Monjib

APPEL URGENT - L'OBSERVATOIRE

Nouvelles informations
MAR 001 / 0121 / OBS 005.1
Libération provisoire /
Harcèlement judiciaire
Maroc
1er avril 2021

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, un partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir sur la situation suivante au Maroc.

Nouvelles informations :

L’Observatoire a été informé de la libération provisoire de Maâti Monjib, historien, journaliste président de l’Association « Freedom Now » pour la liberté d’expression au Maroc, ancien président du Centre Ibn Rochd d’études et de communication et membre fondateur de l’Association marocaine du journalisme d’investigation (AMJI).

Le 23 mars 2021, le juge d’instruction a ordonné la libération provisoire de Maâti Monjib, incarcéré depuis trois mois à la prison d’El Arjat (Rabat). Au moment de sa libération, M. Monjib était en grève de la faim depuis 20 jours pour protester contre sa détention arbitraire. Il a quitté la prison amaigri, son passeport lui a été confisqué et il est désormais soumis à une interdiction de quitter le territoire marocain.

L’Observatoire rappelle que Maâti Monjib a été arrêté le 29 décembre 2020 et placé en détention à la prison d’El Arjat suite à une enquête pour prétendu « blanchiment de capitaux » ouverte contre lui par le parquet du Tribunal de première instance de Rabat le 7 octobre 2020, et basée sur des accusations montées de toutes pièces.

L’Observatoire rappelle également que M. Monjib est la cible d’un harcèlement judiciaire continu de la part des autorités marocaines depuis 2015 et qu’il a été condamné le 27 janvier 2021 par le tribunal de première instance de Rabat dans le cadre d’une autre affaire, à un an de prison ferme et 15 000 dirhams (environ 1 382 Euros) d’amende sur la base d’accusations fallacieuses d’« atteinte à la sécurité de l’État » et de « fraude ». Les six autres défenseurs co-accusés dans cette affaire ont quant à eux écopé de peines allant de six mois de prison avec sursis à un an de prison ferme et d’amendes allant jusqu’à 15 000 dirhams. Les avocats de M. Monjib ont interjeté appel de cette condamnation, prononcée sans qu’ils n’aient été informés de la tenue de l’audience. La première audience du procès en appel est programmée pour le 8 avril 2021.

Par ailleurs, même après sa libération, Maâti Monjib est toujours la cible d’un harcèlement médiatique de la part des médias proches du pouvoir et des autorités. Ses déclarations à sa sortie de prison ont en effet fait l’objet d’un communiqué officiel du Ministère de l'Intérieur marocain largement relayé dans les médias.

L’Observatoire salue cette libération mais rappelle que Maâti Monjib n’aurait jamais dû être détenu en premier lieu, sa détention étant arbitraire en ce qu’elle ne visait qu’à sanctionner ses activités légitimes de journaliste et de défenseur du droit à la liberté d’expression.

L’Observatoire appelle les autorités marocaines à abandonner les charges et à mettre un terme à tout acte de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, à l’encontre de M. Monjib ainsi qu’à celle de l’ensemble des défenseurs des droits humains dans le pays et à veiller à ce qu’ils puissent exercer leurs activités sans entraves ni peur de représailles.

Actions requises :

L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités marocaines en leur demandant de:

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et le bien-être psychologique de Maâti Monjib et de l’ensemble des défenseurs des droits humains au Maroc;

ii. Abandonner les charges à l’encontre de Maâti Monjib et mettre un terme à toute forme de harcèlement, y compris au niveau judiciaire, contre lui et contre l’ensemble des défenseurs des droits humains au Maroc, afin qu’ils puissent exercer leurs activités sans entraves ni peur de représailles.

Adresses :

  • M. Nasser Bourita, Ministre des affaires étrangères et de la coopération, Maroc. Email : ministere@maec.gov.ma
  • M. Mohamed Ben Abdelkader, Ministre de la justice, Rabat, Maroc. Email : ccdh@ccdh.org.ma
  • M. Mustapha Ramid, Ministre d’état chargé des droits de l’Homme, Maroc. Email : contact@didh.gov.ma
  • Mme. Amina Bouayach, Présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Email : cndh@cndh.org.ma
  • S.E. M. Omar Zniber, Représentant Permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève et des autres Organisations Internationales en Suisse Email : maroc@mission-maroc.ch
  • S. E. M. Alem Menouar, Ambassadeur, Mission du Royaume du Maroc auprès de l’Union européenne. Belgique. Email : mission.maroc@skynet.be

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Maroc dans vos pays respectifs.

***
Paris-Genève, le 1er avril 2021

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, partenariat de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. La FIDH et l’OMCT sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

Pour contacter l’Observatoire, appeler la ligne d’urgence :

· E-mail : Appeals@fidh-omct.org
· Tel FIDH : 33 1 43 55 25 18
· Tel OMCT : + 41 22 809 49 39

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