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Burundi
22.10.20
Interventions urgentes

Déclaration conjointe: Soixante-cinq organisations demandent la libération immédiate des journalistes d'Iwacu

22 octobre 2020

À l’occasion du premier anniversaire del’arrestation des journalistes d’Iwacu Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi,Egide Harerimana et Térence Mpozenzi, déclarés coupables d’accusations liées àla sûreté de l’État pour avoir simplement fait leur travail, 65 organisationsdemandent leur libération immédiate et sans condition. Leur détention continue pourdes accusations sans fondement rappelle avec force, malgré les récentschangements intervenus à la tête du pays, le manque de tolérance dugouvernement burundais en ce qui concerne le journalisme indépendant et la libreexpression, ont déclaré les organisations.

Ces quatrejournalistes du groupe de presse Iwacu et leur chauffeur, Adolphe Masabarakiza,ont été arrêtés le 22 octobre 2019, alors qu’ils se rendaient dans laprovince de Bubanza pour enquêter sur des informations faisant état d’affrontementsentre les forces de sécurité et un groupe armé. Bien qu’ils aient informé lesautorités provinciales de leur projet de se rendre dans la zone, ils ont étéarrêtés à leur arrivée et accusés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.Lors du procès, le ministère public n’a cependant produit aucun élémentprouvant que les journalistes avaient été en contact avec le groupe armé.

Bien qu’ils aient été inculpés de complicitéd’atteinte à la sûreté intérieure de l’État, Agnès Ndirubusa, ChristineKamikazi, Egide Harerimana et Térence Mpozenzi ont finalement été déclaréscoupables de tentative impossible d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État,une infraction pénale moins lourde. Leurs avocats ont déclaré que les accusésn’avaient pas été informés de ce changement avant le jugement et n’avaient paseu la possibilité de se défendre contre cette nouvelle accusation lors duprocès, ce qui bafoue les normes relatives à l’équité des procès. Les quatrejournalistes ont été condamnés à deux ans et demi d’emprisonnement et à uneamende d’un million de francs burundais (environ 525 dollars desÉtats-Unis). Adolphe Masabarakiza, qui avait été remis en liberté provisoire ennovembre 2019, a été relaxé. Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, EgideHarerimana et Térence Mpozenzi ont fait appel de leur condamnation, mais lacour d’appel de Ntahangwa a confirmé la décision de première instance le4 juin.

Les tribunaux envoient ainsi un messagedestiné à intimider et menacer les autres journalistes afin de les dissuader defaire leur travail et de dénoncer ce qui se passe dans le pays, ont déclaré lesorganisations. La déclaration de culpabilité et le maintien en détention desquatre journalistes vont également à l’encontre des garantiesconstitutionnelles du Burundi en matière de liberté d’expression, ainsi que desobligations régionales et internationales du pays au titre de l’article 9de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et del’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils etpolitiques. Elles sont également en contradiction avec la Déclaration dePrincipes sur la Liberté d’Expression et l’Accès à l’Information en Afrique de2019 de la Commission africaine, qui prévoit spécifiquement que les Étatsdoivent prendre des mesures pour prévenir « l’arrestation et la détentionarbitraires » de journalistes.

Iwacu est l’un des derniers organes de presseindépendants à poursuivre ses activités au Burundi. Des centaines dejournalistes et de défenseur·e·s des droits humains ont fui le pays depuis ledébut de la crise politique en 2015, et celles et ceux qui travaillent toujoursdans le pays sont souvent victimes de menaces et de harcèlement. La libérationd’Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana et Térence Mpozenziserait un important premier pas vers la réouverture de l’espace civique et lareconnaissance de la contribution d’une couverture médiatique fiable à l’accèsà l’information pour toute la population burundaise.

Organisations signataires :

1. ACAT-Burundi (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture)

2. Amnesty International

3. ARTICLE 19 Eastern Africa

4. Association Burundaise pour la Protection des Droits Humains et desPersonnes Détenues (APRODH)

5. Association des journalistes indépendants du Bénin

6. Bloggers Association of Kenya

7. Burundi Human Rights Initiative

8. Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique del’Ouest

9. Center for Advancement of Rights and Democracy

10. CNCD-11.11.11

11. Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits de l'Homme

12. Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI)

13. Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral (COSOME)

14. Collaboration on International ICT Policy in East and Southern Africa(CIPESA)

15. Collectif des Avocats pour la défense des victimes de crimes de droitinternational commis au Burundi (CAVIB)

16. Committee to Protect Journalists

17. Community Empowerment for Progress Organization-CEPO, South Sudan

18. Congress of African Journalists

19. Consortium of Ethiopian Human Rights Organizations (CEHRO)

20. Defend Defenders (East and Horn of Africa Human Rights DefendersProject)

21. Eastern Africa Journalists Network (EAJN)

22. European Network for Central Africa (EurAc)

23. Fédération internationale des ACAT (FIACAT)

24. Federation of African Journalists (FAJ)

25. Federation of Somali Journalists (FESOJ)

26. FIDH, in the framework of the Observatory for the Protection of HumanRights Defenders

27. Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE)

28. Forum pour le Renforcement de la Société Civile (FORSC)

29. The Ghanaian PEN Centre

30. Human Rights Network for Journalists- Uganda

31. Human Rights Watch

32. International Service for Human Rights (ISHR)

33. Kenya Correspondents Association

34. Kenya Editors' Guild

35. Kenya Union of Journalists

36. Laws and Rights Awareness Initiative (LRAI)

37. Ligue Burundaise des droits de l’homme Iteka

38. Ligue des journalistes Tchadiens (LJT)

39. La Maison de la presse du Niger

40. Media Council of Tanzania

41. Media Institute of Southern Africa

42. Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi(MFFPS)

43. Mouvement Inamahoro Femmes & Filles pour la Paix & la Securite

44. National Coalition of Human Rights Defenders - Uganda

45. Observatoire de la lutte contre la corruption et les malversationséconomiques (OLUCOME)

46. Ökumenisches Netz Zentralafrika (ÖNZ)

47. One Day Seyoum

48. OpenNet Africa

49. Organisation Patronale des Médias du Gabon (OPAM)

50. Paradigm Initiative

51. PEN International

52. PEN Nigeria

53. PEN South Africa

54. PEN Zimbabwe

55. Reporters sans Frontières (RSF)

56. Réseau des Citoyens Probes (RCP)

57. SOS-Torture/Burundi

58. Syndicat National des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT)

59. Syndicat Professionnels Information Communication Sénégal (Synpics)

60. Tournons la Page - Burundi

61. Tournons la Page International

62. TRIAL International

63. Ugandan PEN

64. Union Burundaise des Journalistes

65. World Organisation Against Torture (OMCT), in the framework of theObservatory for the Protection of Human Rights Defenders

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