Égypte
09.09.26
Blog

« Continuer à parler, c’est résister » — Ibrahim, défenseur des droits humains égyptien, parle de la campagne Faces of Hope

Ibrahim, défenseur égyptien

La campagne Faces of Hope, lancée par l'OMCT, vise à mettre en lumière les histoires des défenseur·e·s des droits humains arbitrairement détenu·e·s à travers le monde. Faces of Hope a contribué à la libération de plusieurs défenseur·e·s, comme Ibrahim, défenseur égyptien qui partage avec nous son histoire, et continue d'insuffler l'espoir et la résilience à celles et ceux qui luttent chaque jour pour les droits humains, malgré la répression et l'isolement. Dans cet entretien, Ibrahim revient sur son expérience de détention, sur le rôle crucial des campagnes publiques et sur la nécessité de continuer à parler, même quand tout pousse au silence.

Que représente pour toi la campagne Faces of Hope ?

Faces of Hope signifie espoir, partage et souvenir. L’espoir, parce qu’elle m’a redonné de la force après la prison. Le partage, parce qu’on y raconte nos épreuves et nos victoires. Et le souvenir, parce qu’elle rappelle que personne n’est oublié. C’est profondément humain.

Pourquoi ces campagnes publiques comptent-elles autant ?

Quand j’étais en prison, je me demandais si mon cas était oublié. Savoir qu’il y a des gens dehors qui parlent de vous, c’est vital. Les campagnes comme Faces of Hope disent aux prisonniers : « Tu n’es pas seul. » Elles brisent le silence et rappellent que quelqu’un travaille pour ta libération.

Et la plateforme SOS-Defenders de l’OMCT et partenaires, qu’apporte-t-elle ?

Une voix. C’est ce dont les prisonniers ont le plus besoin. SOS-Defenders permet de raconter ce que les dictatures veulent cacher. Comme Faces of Hope, elle fait vivre l’espoir et la parole.

Comment ta détention a changé ton engagement ?

La torture m’a brisé physiquement, mais elle a renforcé ma détermination. Je savais qu’en sortant, je devais continuer. Le gouvernement veut qu’on ait peur ; moi, j’ai choisi de parler encore plus fort, surtout pour ceux qui sont toujours enfermés.

Pourquoi autant d’arrestations arbitraires en Égypte ?

Les lois sont le cœur du problème. Elles permettent d’arrêter n’importe qui sans motif. Moi-même, j’ai été victime d'une disparition forcée pendant six mois sans qu'aucune accusation ne soit portée contre moi. Ces lois servent à faire taire, pas à protéger.

Comment y mettre fin ?

En maintenant la pression. Il faut parler, dénoncer, comme le fait Faces of Hope. Et la communauté internationale doit mettre pression aux régimes qui violent les droits humains. Le respect des droits ne peut pas être négocié.

Ton message à la communauté internationale ?

N’oubliez pas les prisonniers égyptiens. Continuez à parler d’eux, à refuser les compromis. Chaque mot compte. Grâce à des campagnes comme Faces of Hope, nous gardons la lumière allumée dans les endroits les plus sombres.

Aidez-nous à protéger celles et ceux qui défendent nos droits.

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