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07.03.22
Rapports

Covid-19: Un nouveau rapport souligne les efforts des avocats et des militants pour dénoncer les abus

Communiqué de presse

Genève, 7 mars 2022

Alors que le monde entre dans sa troisième année de pandémie du Covid-19, les personnes détenues encourent toujours de grands risques et un nombre important de restrictions de leurs droits. L'urgence sanitaire mondiale a mis à nu des problèmes systémiques dans les établissements de détention du monde entier, tels que la surpopulation, l'insuffisance des services de santé et les mauvaises conditions de vie et d'hygiène, indique un rapport publié aujourd'hui par l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Dans le même temps, en réponse à la pandémie, de nombreux gouvernements ont introduit des réglementations d’état d'urgence et des mesures exceptionnelles qui ne respectent pas le droit et les normes internationales en matière de droits humains. Les violations de ces droits, y compris la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à l'encontre des personnes qui enfreignent les directives de quarantaine et de confinement, sont monnaie courante. Les mesures d'urgence liées à la pandémie ont également été, et continuent d'être, utilisées par certains gouvernements pour restreindre davantage le travail de la société civile et des défenseur·e·s des droits humains.

Le rapport publié aujourd'hui met en lumière le rôle crucial joué par les avocat·e·s, les juristes et les organisations de défense des droits humains pour protéger les droits des personnes privées de liberté, venir en aide aux victimes et promouvoir l'obligation de rendre compte pour les pratiques abusives des forces de l'ordre dans le cadre de l'application des restrictions de santé publique liées à la pandémie.

Le rapport, intitulé Dénoncer la détention et la torture en période de Covid-19, rassemble un large éventail de stratégies créatives, aussi bien juridiques que de plaidoyer, employées par des avocat·e·s et des organisations de la société civile du monde entier.

Helena Solà Martín, conseillère principale en politique légale à l'OMCT, note que "grâce aux efforts des organisations de la société civile, des milliers de prisonniers ont été libérés de centres de détention surpeuplés, les États ont été empêchés de sévir contre les défenseur·e·s des droits humains sous prétexte de santé publique, et les pratiques abusives des forces de l'ordre lors des confinements ont été exposées, contestées et, dans certains cas, inversées."

De nombreuses stratégies figurant dans ce document ont été discutées lors d'une série de Laboratoires, régionaux et mondiaux, du contentieux sur la détention, la torture et le droit de défendre les droits humains en temps de Covid-19, organisés en novembre et décembre 2020, ainsi que lors d'échanges et de réunions ultérieurs. Près de 130 juristes et défenseur·e·s y ont participé, notamment les membres des groupes d’intervention judiciaire du Réseau SOS-Torture, une initiative de l'OMCT lancée en 2019.

Les Laboratoires, organisés par l'OMCT, l'Open Society Justice Initiative (OSJI), avec le Collectif des Associations Contre l'Impunité au Togo (CACIT), la Philippine Alliance of Human Rights Advocates (PAHRA), et le Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de las Casas (Frayba), ont été une occasion unique, au plus fort de la pandémie, d'échanger entre pairs sur leurs expériences et de discuter de stratégies et de pratiques prometteuses.

Comme le souligne Duru Yavan, conseillèire juridique avec Justice Initiative, "ce rapport montre que les efforts des avocat·e·s et des défenseur·e·s ont créé une fenêtre d'opportunité pour générer un changement durable au lendemain de la pandémie."

Un nouvel article sur le blog intitulé « Questions-Réponses : Sauvegarder les droits humains en détention et lors des interactions avec les forces de l’ordre durant le COVID-19 », développe les défis et les leçons apprises grâce aux idées de deux groupes d’avocats des droits humains d'Argentine.


L'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) est le plus grand groupe mondial d'ONG qui s'oppose activement à la torture et protège les défenseurs des droits humains dans le monde entier. Elle compte plus de 200 membres dans 90 pays. Son secrétariat international est basé à Genève, en Suisse.

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Iolanda Jaquemet, Directrice de la communication
ij@omct.org
+41 79 539 41 06

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