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Burkina Faso
04.03.21
Déclarations

L'abus des mesures antiterroristes se retourne contre les plus vulnérables

Déclaration orale délivrée par l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)
46e session régulière du Conseil des droits de l’homme

Item 3 : Dialogue interactif avec la Rapporteure spéciale sur la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste

Madame la Présidente,

L'OMCT salue et soutient le rapport de la Rapporteure spéciale. Tout en luttant contre les actes terroristes, les États ont le devoir de protéger et respecter les droits des personnes en situation de vulnérabilité, y compris les femmes et les filles.

Les lois et pratiques antiterroristes ont augmenté les actes de violence, de torture et d'autres formes de mauvais traitements. Cela a un impact important sur la vie des familles et des communautés, et représente un risque supplémentaire pour les femmes et les filles. Au cours des derniers mois, nous avons documenté avec inquiétude la situation au Burkina Faso où les forces de sécurité, aidées par des groupes d’autodéfense créés par l’Etat, ont souvent perpétré des détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et des exécutions sommaires contre des membres de la communauté peul sur la base de soupçons vagues et infondés, issus d’une discrimination endémique.

Les agences de sécurité et de renseignement ont non seulement accru la suspicion et la stigmatisation des femmes et des filles en tant que terroristes potentielles, mais elles violent également leur droit à l'intimité et à la vie privée et commettent contre elles des violences sexuelles et sexistes. À maintes reprises, nous avons observé à travers notre groupe de travail sur le terrorisme et la torture issu de notre Réseau mondial que de telles politiques non seulement violent les libertés fondamentales, mais finiront par créer des conflits et alimenter la radicalisation que seule une approche basée sur les droits humains peut éviter.

De plus en plus d'États promulguent des réglementations antiterroristes larges et vagues qui découragent le leadership des femmes et leur engagement civique. Ces lois et pratiques sont utilisées à mauvais escient pour cibler les défenseurs des droits humains, y compris les défenseurs des droits des femmes. Nous l'avons vu récemment dans différents pays, dont Israël et le Bangladesh, qui ont mis de telles politiques en oeuvre pour étouffer les critiques sur la gestion de la pandémie du Covid-19.

Nous voudrions demander à la Rapporteure spéciale si elle envisage de documenter l’impact des politiques d’urgence liées au Covid-19 dans le contexte des opérations de lutte contre le terrorisme, principalement sur les groupes les plus vulnérables.

Merci

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