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Niger
02.10.20
Interventions urgentes

Libération provisoire de trois membres de l’ONG Tournons La Page Niger

Paris-Genève, le 2 octobre 2020 - Après plus de six mois passés en détention préventive, MM. Moudi Moussa, Halidou Mounkaila et Maïkoul Zodi ont été libérés provisoirement les 29 et 30 septembre 2020. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (FIDH-OMCT) salue leur libération et appelle les autorités nigériennes à abandonner toutes les charges retenues à leur encontre.

Le 29 septembre 2020, le doyen des juges de Niamey a ordonné d’office la mise en liberté provisoire de MM. Moudi Moussa, Halidou Mounkaila et Maïkoul Zodi, membres de l’ONG Tournons La Page qui milite pour l'alternance démocratique et la bonne gouvernance. Cette décision a conduit à la libération de M. Maïkoul Zodi le 29 septembre et de MM. Moudi Moussa et Halidou Mounkaila le 30 septembre. Ils encourent jusqu’à quatre ans de prison et 300.000 Francs CFA (environ 458 Euros) d’amende. Le verdict de leur procès est programmé pour le 6 octobre 2020.

Les 15 et 16 mars 2020, MM. Moudi Moussa, Halidou Mounkaila et Maïkoul Zodi ainsi que treize autres membres de la société civile nigérienne ont été interpellés à leurs domiciles respectifs par des agents de la police judiciaire. Ces arrestations ont eu lieu à la suite de leur participation à une manifestation anti-corruption à Niamey le 15 mars 2020, dénonçant des détournements de fonds dans l’achat de matériel militaire.

Le 19 mars 2020, ces trois défenseurs ont été déférés devant le parquet de Niamey. Le président du tribunal a décidé de les poursuivre pour « organisation d’une manifestation interdite », « incendie volontaire » et « homicides involontaires ». Le 20 mars 2020, ils ont été incarcérés dans différentes maisons d’arrêt sur le territoire nigérien, certaines situées à plus de 100 km de la ville de Niamey et dans des zones placées en état d’urgence : M. Halidou Mounkaila à la prison de Daikaina, M. Moudi Moussa à celle de Kollo et M. Maïkoul Zodi à Ouallam. Ils étaient détenus dans de très mauvaises conditions d’hygiène et n’ont pu avoir accès à leurs avocats qu’une seule fois au cours de leur détention.

Si l’Observatoire se réjouit de la libération des trois défenseurs des droits humains, il rappelle qu’ils n’auraient jamais dû être détenus en premier lieu, leur détention étant arbitraire en ce qu’elle ne visait qu’à sanctionner leurs activités légitimes de défense des droits humains ainsi que l’exercice de leur liberté d’expression. L’Observatoire appelle les autorités nigériennes à abandonner les charges retenues à leur encontre et à mettre fin à tout acte de harcèlement judiciaire contre ces derniers et contre l’ensemble des membres de la société civile.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. L’OMCT et la FIDH sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits de l’Homme mis en œuvre par la société civile internationale.

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