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Burundi
30.11.20
Rapports

Burundi : Delia, le viol comme punition

Delia Ndayisaba 01

Delia* vivait déjà dans la peur quand c'est arrivé. Un an auparavant, en 2015, son mari avait été kidnappé puis tué, au milieu de violences généralisées liées à la candidature du président du Burundi à un troisième mandat. Peu de temps après, sa fille de 18 ans, Anésie, avait été violée par plusieurs policiers. Elle avait miraculeusement survécu mais s'était retrouvée enceinte à la suite du viol. La famille avait envoyé l'adolescente à l'étranger, pour sa propre sécurité.

Les policiers harcelaient régulièrement Delia et lui disaient qu'ils observaient chacun de ses faits et gestes. Un jour, alors qu’elle se rendait dans un autre quartier de Bujumbura, la capitale, pour visiter sa sœur, une camionnette de police l’a interceptée. Elle connaissait de vue deux des policiers. Ils lui ont dit qu’ils la cherchaient depuis un bout de temps et qu’elle méritait « d’être punie ». Ils l'ont battue jusqu'à ce qu'elle perde connaissance. Puis ils l'ont violée.

Peu de temps après, elle aussi a fui le pays. Elle vit maintenant parmi d'autres réfugiés burundais, avec sa petite-fille de trois ans et ses deux fils. Comme tous les survivants à qui nous avons parlé, elle a choisi de témoigner, de manière anonyme, dans l'espoir que cela puisse conduire à ce que justice soit rendue.

*Nom d’emprunt


*** Plus d’information sur les survivant-e-s de viol au Burundi

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