Alerte: Variole du singe : Tirons les leçons du #Covid19 dans les prisons !
Rapport annuel 2020
09

Les défenseur.e.s des droits humains

La pandémie du Covid-19 a souligné le rôle essentiel joué par les défenseur.e.s des droits humains dans la défense des droits de leurs communautés. Néanmoins, avec la propagation du virus, nous avons assisté à une augmentation des attaques perpétrées contre les défenseur.e.s. Les mesures restrictives visant à combattre le virus ont souvent été synonymes de restriction des libertés fondamentales. Certains États ont profité de la pandémie pour réduire davantage au silence les voix dissidentes et raboter l’espace civique. Les défenseur.e.s ont été victimes de campagnes de dénigrement et de diffamation, d’attaques physiques et de harcèlement judiciaire. Des journalistes, des blogueur.se.s et des militant.e.s qui avaient dénoncé la réponse de leur gouvernement face au Covid-19 ont été directement visés au Venezuela, au Cambodge, en Chine, en Turquie, en Égypte, en Iran et dans de nombreux autres pays. Beaucoup s’inquiètent du risque que les restrictions et les menaces accrues à l’encontre des défenseur.e.s ne persistent une fois la pandémie terminée.

Au cours des dernières années, le risque de criminalisation et de détention des défenseur.e.s s’est accru dans le monde entier. L’incarcération injuste de défenseur.e.s constitue une violation de leurs droits et de nos droits à nous protéger, nous et nos communautés, contre les abus. La plupart des gouvernements ont refusé de libérer des défenseur.e.s de prison, malgré la pandémie et le risque accru de contamination dans des prisons surpeuplées. Certains défenseur.e.s se sont même vu refuser l’accès à des soins de santé à titre punitif.

Coup d’œil sur 2020

En 2020, l’OMCT a adapté son travail de protection des défenseur.e.s des droits humains et des organisations de la société civile aux nouveaux risques associés au Covid-19. Face à la répression croissante à l’encontre des défenseur.e.s, l’OMCT a renforcé l’enveloppe budgétaire qui leur était dédiée. L’OMCT a également renforcé son travail de plaidoyer, ce qui a permis d’engranger de nombreux succès dans le monde entier.

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défenseur.e.s des droits humains ont été libéré.e.s suite aux actions de l’OMCT et des organisations partenaires

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interventions d’urgence ont été organisées en faveur de 723 défenseur.e.s et de 59 ONG dans 71 pays

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défenseur.e.s et 7 ONG ont bénéficié d’un soutien financier dans 25 pays

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défenseur.e.s des droits humains ont été détenu.e.s arbitrairement dans 52 pays

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En 2020, 331 défenseur.e.s des droits humains ont été tué.e.s dans le monde

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% des attaques perpétrées à l'encontre des défenseur.e.s étaient liées à leur travail sur des questions en lien avec la terre, les peuples autochtones et les droits environnementaux

Ennemis internes - les droits humains menacés au Venezuela

En 2020, l’OMCT a publié un rapport intitulé Ennemis internes, les droits humains menacés. Il s’agissait de la première étude qui documentait les attaques commises à l’encontre des défenseur.e.s au Venezuela et analysait des risques encourus par les défenseur.e.s et les organisations de défense des droits humains dans ce pays.

Un travail de plaidoyer politique auprès de plusieurs délégations de pays et des mécanismes des Nations unies, suivi d’un lancement via les médias, sont venus compléter ce rapport.

En avril 2020, 10 experts des Nations unies ont envoyé un communiqué au gouvernement vénézuélien dans le but de dénoncer la criminalisation et les attaques commises à l’encontre des défenseur.e.s. Ils ont également publié une déclaration conjointe qui reprend les principales conclusions et les préoccupations mentionnées dans notre rapport.


Lancement de notre campagne #FacesOfHope, qui réclame la libération de tous les défenseurs détenus dans le monde

En mai 2020, l’OMCT a lancé sur les réseaux sociaux une campagne, intitulée #FacesofHope, qui réclame la libération de toutes les défenseur.e.s des droits humains emprisonné.e.s à travers le monde. Cette campagne dénonce la situation de 10 défenseur.e.s des droits humains aux Philippines, en Égypte, au Guatemala, en Inde, au Cameroun, au Pérou, en Turquie, en Azerbaïdjan et au Mexique.

Douze membres du Parlement européen originaires de six pays se sont joints à notre appel pour exiger la libération des défenseur.e.s des droits humains emprisonné.e.s à travers le monde, y compris celles et ceux qui sont mentionné.e.s dans la campagne #FacesofHope.

Voir la vidéo

Protection des défenseur.e.s des droits humains

Notre approche transversale mobilise tous les outils à notre disposition pour renforcer la protection des défenseur.e.s des droits humains. Ces efforts ont permis de libérer Safoora Zargar en Inde et Walter Aduviri Calisaya au Pérou.

L’OMCT a eu recours à différentes approches pour permettre la libération de Safoora Zargar: la publication d’interventions urgentes et la mobilisation des acteurs internationaux les plus pertinents, notamment les procédures spéciales des Nations unies, les organismes en charge de l’action extérieure de l’Union Européenne (UE) et la délégation de l’UE en Inde.

Au mois de mai 2020, la Présidente de la sous-commission « droits de l’homme » du Parlement européen (DROI) a écrit aux autorités indiennes afin d’exprimer de graves préoccupations au sujet des récentes arrestations de militant.e.s qui avaient eu lieu en Inde, dont celle de Safoora Zargar. Au mois de juin, 13 experts des Nations unies ont également demandé aux autorités indiennes de libérer les défenseur.e.s des droits humains arrêtées pour avoir protesté contre la modification de la loi indienne sur la citoyenneté.

Le 23 juin 2020, la Cour suprême de New Delhi autorisait la libération sous caution de Safoora Zargar, qui a effectivement pu sortir de la prison Tihar de New Delhi le lendemain.

D’après nos partenaires locaux, elle a été libérée suite à la pression internationale. Au mois de novembre 2020, le groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a déclaré que la détention de Safoora était arbitraire. Toutefois, le harcèlement des militants se poursuit et, face à la possibilité que Safoora soit à nouveau emprisonnée à tout moment, l’OMCT entend maintenir la pression sur le gouvernement indien.

Soutenez notre travail auprès des défenseur.e.s des droits humains.

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